Il y a des ingrédients qui traversent les siècles sans prendre une ride. Le miel en fait partie. Utilisé depuis des millénaires pour soigner, nourrir et embellir la peau, il s'est imposé naturellement dans notre savonnerie artisanale ardennaise. Mais entre la ruche et le savon au miel entre vos mains, que se passe-t-il vraiment ? Est-ce que le miel conserve ses propriétés ? Est-ce du marketing ou un ingrédient clé de nos savons de soin ?

Comme artisan savonnier ardennais, je préfère toujours dire la vérité plutôt que vendre du rêve. Dans cet article, je vais vous expliquer, avec mon œil d'artisan et notre connaissance à Céline & moi de la cosmétique naturelle, ce que le miel apporte vraiment dans un savon artisanal, ce qui survit à la saponification à froid, et pourquoi le choix du miel est loin d'être anodin. Vous comprendrez aussi pourquoi toute la gamme de savon au miel chez Whenua est sans huile essentielle, et ce que ça change pour votre peau.

Le miel : un trésor naturel utilisé depuis l'Antiquité

Les premières utilisations du miel pour les soins de la peau

Le miel sur la peau n'est pas une tendance des cosmétiques naturels, il est le fruit d'une transmission depuis l'antiquité. Les Égyptiens l'utilisaient déjà dans leurs préparations pour la peau, les cheveux et les plaies. Cléopâtre, dit-on, l'intégrait à ses soins de beauté. Les Grecs et les Romains en connaissaient les vertus apaisantes et cicatrisantes. Ainsi, pendant des siècles et avant que la chimie contemporaine ne s'impose, le miel était l'un des rares remèdes naturels dont l'efficacité était documentée et transmise de génération en génération.

Ce n'est pas un hasard, le miel possède des propriétés uniques que la nature a mis des millions d'années à perfectionner et que l'industrie cosmétique industrielle tente en vain à reproduire à l'identique en laboratoire.

Pourquoi le miel est-il si précieux ?

Le miel est le reflet direct du terroir dont il est issu. Chaque pot raconte une histoire : quelles fleurs ont été butinées, à quelle saison, dans quel environnement. Un miel de forêt ardennaise n'a rien à voir avec un miel de lavande provençale, ni dans sa couleur, ni dans son odeur, ni dans sa composition. C'est cette richesse, ce lien au vivant et au terroir local, qui me touche profondément et qui me rapproche naturellement des apiculteurs ardennais.

C'est aussi pourquoi je suis toujours curieux d'échanger avec les apiculteurs car on peut tomber quelques fois sur des miels très différents et qui vont apporter chacun leur spécificité au savon.

Les miels que nous utilisons sont tous bruts et proviennent des Ardennes. Dans une très grande majorité, nous travaillons avec Caroline et Thierry du rucher du Marcassin mais d'autres apiculteurs autour de chez nous nous approvisionnent aussi régulièrement pour des productions spéciales ou pour de nouveaux projets.

Que contient réellement le miel ?

Une composition bien plus complexe qu'un simple sucre

On a tendance à résumer le miel à quelque chose de "sucré et naturel". C'est un peu comme dire que le vin, c'est du "raisin fermenté". C'est vrai, mais ça ne dit pas l'essentiel.

Le miel est une matière vivante d'une complexité remarquable :

  • Des sucres naturels : fructose (environ 38 %) et glucose (environ 31 %), qui ne sont pas de simples édulcorants mais des molécules aux propriétés hygroscopiques réelles — c'est-à-dire qu'elles captent et retiennent l'eau.
  • Des enzymes actives : la diastase, l'invertase, la glucose oxydase... Ces enzymes sont fragiles et sensibles à la chaleur.
  • Des acides aminés et de petites quantités de protéines.
  • Des oligo-éléments : potassium, calcium, magnésium, fer, zinc...
  • Des polyphénols et des antioxydants qui participent à la lutte contre le stress oxydatif cellulaire.
  • De l'eau : environ 17 à 20 % selon le degré de maturité du miel.
  • Du peroxyde d'hydrogène, produit naturellement par l'action de la glucose oxydase, qui explique les propriétés antiseptiques historiquement reconnues.

Un miel de qualité, non pasteurisé, non filtré à l'extrême, est un concentré d'actifs naturels que la nature a pris soin de composer. C'est aussi pour cette raison qu'il ne faut pas le traiter n'importe comment, ni à la miellerie, ni à la savonnerie.

Les propriétés reconnues du miel en cosmétique

En dermo-cosmétique, le miel est principalement valorisé pour :

  • Son action humectante : il attire l'eau sur la surface de la peau et contribue au maintien du film hydrolipidique. C'est sa propriété la plus documentée et la plus utile pour la peau sèche.
  • Son pouvoir apaisant : il aide à calmer les peaux réactives et sujettes aux inconforts cutanés.
  • Ses propriétés cicatrisantes : bien connues en médecine traditionnelle, elles font l'objet de nombreuses études, notamment sur certains miels thérapeutiques comme le miel de Manuka.
  • Son action antioxydante : les polyphénols qu'il contient participent à la protection des cellules cutanées.

Je dis "propriétés reconnues" et non "propriétés miraculeuses" parce que la nuance a son importance.

Un savon au miel n'est pas un médicament ou un traitement, mais dans un savon artisanal bien formulé, le miel a un rôle réel et mesurable.

Pourquoi ajouter du miel dans un savon ?

Le miel améliore-t-il réellement les propriétés du savon ?

Voilà une question que j'aime, parce qu'elle mérite une réponse honnête, pas un argument de vente.

La réponse est oui, mais pas de la façon dont on vous le dit souvent.

Le miel ne va pas "hydrater votre peau pendant des heures" comme un sérum ou une crème. Un savon, par définition, est rincé. Son temps de contact avec la peau est court. Ce qu'il peut faire, en revanche, c'est agir pendant ce temps de contact, et surtout modifier la qualité du lavage : la mousse, la texture, le ressenti pendant et après le rinçage.

Et là, le miel apporte une vraie différence.

Ce que le miel apporte dans une recette de savon artisanal

Les sucres naturels du miel (le fructose et le glucose) ont une propriété précieuse en savonnerie : ils boostent naturellement la production de mousse. Non pas une mousse abondante et grossière comme celle que produisent certains agents moussants de synthèse, mais une mousse fine, crémeuse, onctueuse, à bulles serrées.

Cette mousse change l'expérience de lavage de façon perceptible. Elle enveloppe mieux la peau, glisse davantage, laisse une sensation de douceur immédiate qui persiste après rinçage. Pour les peaux sèches sujettes aux tiraillements, c'est une vraie différence.

Le miel contribue aussi à la texture de la pâte à savon pendant la fabrication (j'y reviens dans la partie technique) et participe à ce que j'appelle le "confort de la peau", une notion que les marketeurs cosmétiques oublient souvent mais qui est ce que vous ressentez dès la première utilisation.

Ce qui disparaît pendant la saponification

Soyons clairs : la saponification à froid est une réaction chimique. La soude (hydroxyde de sodium) est une base puissante. Elle transforme les huiles en savon et en glycérine végétale, c'est là toute la magie de la SAF. Mais elle n'est pas tendre avec tout ce qu'elle croise.

Les enzymes du miel, notamment, sont des molécules dites thermolabiles et sensibles aux variations de pH extrêmes. Une partie d'entre elles (mais pas toutes) ne survit pas à la saponification. Même chose pour certains polyphénols fragiles.

Mais, et c'est ici que le fait de vous fournir auprès d'un artisan possédant un vrai savoir faire à un intérêt : tout ne disparaît pas.

Les sucres (fructose, glucose), grâce à leur stabilité moléculaire, résistent mieux à la réaction. Ce sont eux qui assurent la mousse crémeuse dont je vous parlais. Une partie des acides aminés et des oligo-éléments survit également.

Chez Whenua, j'incorpore le miel dans le savon à un moment précis du processus, avec un protocole qui m'est propre et que j'ai développé dès les premières productions. L'objectif : préserver le maximum de ce qui peut l'être, sans compromettre la réaction de saponification. Ce n'est pas anodin : un miel ajouté au mauvais moment ou dans une mauvaise proportion peut produire un résultat indigne des matières premières utilisées.

→ Pour comprendre en détail la chimie de la saponification à froid, je vous invite à lire mon article dédié à la saponification.

→ Et si vous voulez comprendre le rôle du surgras dans la douceur d'un savon, c'est par là : le surgras, pourquoi c'est essentiel.

Le savon au miel est-il adapté à toutes les peaux ?

La question mérite d'être posée franchement. Et ma réponse, sans détour : le savon au miel convient à une très grande majorité des types de peau, et plus particulièrement aux peaux fragilisées.

Pour les peaux sèches et très sèches (xérose), c'est un allié précieux. Le miel, combiné à un surgras maîtrisé et à la glycérine végétale produite pendant la saponification, apporte un confort que les savons industriels ne peuvent tout simplement pas offrir. Les tiraillements post-lavage, ces sensations désagréables qui accompagnent souvent la peau sèche après chaque douche, disparaissent nettement.

Pour les peaux sensibles et réactives, le fait que mes savons au miel soient sans huile essentielle est fondamental. Les huiles essentielles, même naturelles, même de bonne qualité, peuvent être des déclencheurs d'irritation ou de réaction allergique sur certaines peaux sensibles. En prenant ce choix fort dans la conception de la recette, je formule un savon qu'une peau sensible peut utiliser au quotidien sans appréhension.

Pour les peaux sujettes aux inconforts chroniques (eczéma, psoriasis, peau réactive au calcaire...), les versions au lait animal renforcent l'effet apaisant :

  • Le lait de chèvre est destiné aux peaux grasses par sa composition en acides gras et en vitamines A et B.
  • Le lait de brebis est plus gras, très riche en lipides nourrissants.
  • Le lait de jument est le plus proche du lait maternel humain en termes de composition, avec une teneur élevée en lysozyme aux propriétés naturellement apaisantes.

Chaque lait apporte sa propre signature de douceur et d'odeur en complément du miel. Ce n'est pas du hasard si ces combinaisons rencontrent un succès particulier auprès de vous.

→ Vous souhaitez vous assurer de votre type de peau ? N'hésitez pas à consulter cet article.

→ Pour aller plus loin et comprendre ce qui distingue un savon vraiment doux d'un savon ordinaire, le guide du savon doux est fait pour vous.

Les défis techniques de fabrication d'un savon au miel

Cette partie s'adresse à ceux qui souhaitent vraiment comprendre pourquoi un bon savon au miel est bien plus difficile à fabriquer qu'il n'y paraît.

C'est ainsi ce qui explique l'écart de qualité entre un savon artisanal véritable et un savon "au miel" industriel ; mais c'est aussi ce qui va vous permettre de distinguer la qualité de fabrication entre deux savonneries artisanales.

Pourquoi le miel fait chauffer la pâte à savon ?

Revenons à la base : la saponification est une réaction chimique exothermique totale. En français pour tout le monde :

  • C'est une réaction qui dégage de la chaleur
  • C'est une réaction qui se poursuit tant que les réactifs sont en présence l'un de l'autre.

Dans le cas du miel, il y a en plus le fait que le sucre est un catalyseur de la réaction. Cela signifie qu'il va l'accélérer et donc générer plus rapidement la chaleur de réaction. Dans les cas extrêmes, ce phénomène peut provoquer ce que les savonniers appellent un "volcan" : la pâte monte rapidement en température, déborde du moule, et présente parfois des poches gélifiées de façon incontrôlée.

Ce n'est pas dangereux, mais c'est catastrophique pour la qualité du savon au miel. Un savon qui a "volcanisé" présente une texture irrégulière, peut brunir de façon disgracieuse, et perd une très grande partie de ses propriétés. Il pourra être utilisé et vous lavera mais il n'apportera plus le même soin à votre peau. J'ajoute également à ce constat les savons qui ont fait une grosse phase de gel et sont donc montés en température... les apiculteurs vous le dirons, un miel qui a chauffé est un miel qui a perdu une partie de ses propriétés.

Pour éviter cela, je dois anticiper et maîtriser : travailler à la bonne température, surveiller la pâte, et connaître précisément le comportement du miel (sa teneur en sucres, sa viscosité, son taux d'humidité).

Réaliser de bons savons de soin au miel est une compétence qui s'acquiert avec les années et les expérimentations pas avec une recette trouvée sur internet.

La couleur d'un savon au miel

C'est un phénomène que vous avez peut-être observé sur les savons que vous avez achetés : le savon au miel peut prendre une teinte ambrée à dorée, plus ou moins prononcée.

Vous avez là un bon critère de choix de votre savonnerie. En effet, sur des savons ne contenant pas d'autre ajout que du miel, ce brunissement est dû à deux phénomènes combinés :

  1. La réaction de Maillard, la même réaction qui colore le pain pendant la cuisson. Les acides aminés du miel réagissent avec les sucres réducteurs pour produire des composés colorés. C'est inoffensif, mais inévitable.
  2. La caramélisation naturelle des sucres du miel, accélérée par la chaleur générée lors de la saponification.

Autrement dit, il a fait chaud sous les tropiques et le miel a été cramé durant la saponification. Je vous déconseille donc ce type de savon.

Chez Whenua, cette teinte légèrement ambrée est assumée et valorisée mais elle est surtout le reflet d'un autre ingrédient du savon : le lait.

Sur la photo ci-dessous, vous pouvez voir exactement le même savon au miel mais fabriqué, de gauche à droite : à l'eau, au lait de brebis, au lait de chèvre et au lait de jument. C'est donc les matières grasses et les nutriments des laits qui impactent directement la couleur, pas le miel.

Comment incorporer le miel dans un savon saponifié à froid ?

Sans vous donner ma méthode, (vous comprendrez que c'est un savoir-faire qui s'acquiert et me permet de vous proposer des savons différents des autres), je peux vous expliquer les grandes lignes de la complexité.

Le miel peut être incorporé de plusieurs façons :

  • ajouté aux huiles avant l'intégration de la solution de soude,
  • ajouté à la trace (le moment où la pâte à savon commence à épaissir),
  • intégré sous forme diluée avec un autre ajout.

Chaque approche a ses avantages et ses risques. La température du miel au moment de l'ajout est critique : trop chaud, il accentue la surchauffe ; trop froid ça pose des problèmes de saponification et il ne se disperse pas uniformément.

La quantité est également un paramètre délicat. Trop peu de miel, et son apport est négligeable. Trop, et le savon devient instable, monte en température incontrôlée, ou présente parfois des problèmes lors de la cure.

Un savon au miel demande un suivi attentif pendant les premières heures. La phase de gel, ce moment où le savon traverse une phase semi-transparente et très chaude dans son moule (j'ai vu des savons monter à plus de 65°C), peut s'emballer avec le miel. Il faut savoir l'anticiper, le provoquer ou l'éviter selon la recette.

C'est tout cela qui rend le travail d'un vrai artisan savonnier si intéressant.

→ Pour mieux comprendre la différence entre méthodes artisanale et industrielle, je vous conseille cet article de blog.

Tous les miels se valent-ils pour fabriquer un savon ?

Non. Et sur ce point, je suis intransigeant.

Mon refus des miels d'importation

Le marché mondial du miel est malheureusement truffé de produits frelatés ou de moindre qualité : miels coupés au sirop de glucose ou de fructose industriel, miels ultrafiltrés qui ont perdu leurs enzymes et leurs polyphénols, miels d'origines diverses mélangés et étiquetés "miel d'Europe" sans autre précision.

Ces miels sont parfaitement légaux à la vente pour la consommation alimentaire. Mais dans un savon, leur intérêt est limité : vous payez essentiellement des sucres simples, sans la complexité biochimique d'un vrai miel de qualité.

Notre engagement chez Whenua est de promouvoir le local et le made in France. De plus, quel bienfait va apporter un miel dont vous ne connaissez pas l'origine exacte (en terme de terroir j'entends) ?

Le circuit court, une exigence de fond

Je travaille avec des apiculteurs locaux, ancrés dans les Ardennes. Quand j'ouvre un pot de miel pour ma savonnerie, je connais la personne qui l'a produit, la forêt ou les prairies où ses abeilles ont butiné, la façon dont les ruches sont conduites.

Ce miel a une texture différente, une odeur brute et complexe, une couleur qui varie selon les saisons, les années. Il n'est pas standardisé. Il est vivant.

C'est ce miel brut, authentique, chargé du terroir ardennais que j'intègre dans mes savons. Non pas pour une valeur marketing, mais parce que c'est cohérent avec ce que Whenua est : une savonnerie ardennaise qui croit que la qualité commence dans le champ, à la ruche, dans la forêt.

La philosophie est la même que pour mes huiles végétales et tous les ingrédients de la savonnerie : si ça pousse en France, j'achète en France. Le miel ne fait pas exception.

Comment reconnaître un véritable savon artisanal au miel ?

Le marché des savons "naturels au miel" est vaste et... inégal. Voici quelques clés pour ne pas vous faire avoir.

Lire la liste INCI

La liste INCI (International Nomenclature of Cosmetic Ingredients) est obligatoire sur tout cosmétique vendu en Europe. Elle liste les ingrédients par ordre décroissant de concentration.

Dans la liste INCI, le miel apparaît sous le nom Mel (miel brut) ou Honey (miel). Pour les raisons que l'on a vu plus haut, vous ne pourrez pas le trouver dans les premiers ingrédients. Au delà de 5% dans la formule c'est compliqué et chez Whenua aucune huile n'est à moins de 5% dans un savon... Le miel sera donc toujours à la fin.

Si en revanche vous voyez une ribambelle d'ingrédients après lui (avec des noms barbares qui contiennent des chiffres par exemple), celà peut impliquer que vous êtes face à un savon industriel fabriqué à partir de bondillons. Si vous appercevez le mot "parfum" alors là c'est clairement que le savon est parfumé et possède généralement que très peu de miel.

Dans votre main, sur un stand ou dans un magasin, le savon au miel n'a pas une forte odeur. Sur nos savons (je n'en ai pas essayé d'autres) l'odeur du miel apparaitra légèrement sous la douche avec l'aide de l'eau chaude, mais dans tous les cas elle restera légère.

Vérifier le mode de fabrication

Il existe plusieurs façons de faire un "savon au miel" mais ne privilégiez que les savons artisanaux. J'ai d'ailleurs un article très instructif pour reconnaitre un vrai savon artisanal d'un savon industriel.

Si vous avez le moindre doute sur l'aspect artisanal ou sur l'aspect tout court du savon, reposez-le, au moins vous ne risquerez pas la déception une fois chez vous !

Attention aux allégations marketing

"Enrichi au miel", "à la senteur de miel", "au miel de Manuka"... Les allégations sont nombreuses et peu encadrées dans l'univers cosmétique. Demandez toujours la liste INCI, interrogez le fabricant sur sa méthode, et apprenez à reconnaître les produits qui tiennent leurs promesses de ceux qui vendent une image.

Un savon au miel artisanal véritable ne sera jamais parfaitement blanc et uniforme. Il aura souvent une teinte légèrement dorée à ambrée, une mousse crémeuse caractéristique, et une odeur discrète, pas une senteur sucrée artificielle ajoutée après coup.

Le cas spécifique du miel de Manuka. Soyez vigilantes, le miel de Manuka est le miel le plus cher mais aussi le plus contrefait au monde. Il ne peut provenir que de Nouvelle-Zélande. Comme vous le savez, Whenua signifie "La Terre, Les origines" en Maori. Pour autant nous ne ferons jamais de savon au miel de Manuka.

  1. Parce que ça augmenterai le prix du savon à un niveau non raisonnable
  2. Parce que nous avons vu que la soude va attaquer une partie des propriétés du miel
  3. Parce que ce miel est tellement bénéfique à consommer pour la santé que le gâcher en savonnerie est un non sens environnemental

Mon expérience de savonnier avec le miel : l'histoire de Whenua

Il y a des recettes qui s'imposent d'elles-mêmes. Le miel et le calendula en font partie.

Le calendula, cette fleur solaire aux propriétés apaisantes et régénérantes est l'une des plantes que j'utilise depuis le début. Elle est douce, elle est généreuse, elle est belle. Sa macération dans une huile végétale donne un actif naturel d'une grande richesse pour les peaux sensibles. Et quand on l'associe au miel, l'effet est synergique : les deux ingrédients se renforcent mutuellement pour adoucir, apaiser, protéger.

Mon savon Miel & Calendula est l'un des piliers de la savonnerie Whenua. Il existe en quatre versions, chacune formulée avec un liquide de saponification différent :

  • À l'eau : la version de base, accessible et efficace, idéale pour ceux qui veulent découvrir le miel en savonnerie sans surenchère.
  • Au lait de brebis : plus riche, plus nourrissante, pour les peaux très sèches ou sollicitées par le froid (et on sait ce que ça veut dire dans les Ardennes).
  • Au lait de chèvre : légèrement plus légère que le lait de brebis, elle apporte une douceur particulière appréciée des peaux sensibles et des peaux sujettes aux rougeurs.
  • Au lait de jument : la plus précieuse et la plus délicate à formuler. Le lait de jument est réputé pour sa composition proche du lait humain. C'est une version pour les peaux les plus exigeantes, les plus fragilisées.

Ces quatre savons sont tous sans huile essentielle. C'est un choix délibéré. Le miel et le calendula suffisent. Ajouter des huiles essentielles ne ferait qu'introduire un risque d'irritation là où on cherche précisément à en minimiser.

J'ai également développé un savon Miel & Pollen, qui va plus loin dans l'exploration du monde apicole. Le pollen, riche en protéines, en vitamines et en flavonoïdes, apporte une dimension nutritive supplémentaire à la formule. C'est un savon pour ceux qui veulent aller plus loin dans la cosmétique naturelle à base de produits de la ruche.

Tous ces savons sont fabriqués dans mon laboratoire ardennais, en petite série, avec des matières premières que je connais et dont je contrôle la provenance. Ce n'est pas de la philosophie : c'est une exigence de fond, inscrite dans l'ADN d'Oriande et de Whenua depuis 2017.

Découvrez toute la gamme des savons sans huile essentielle et les savons artisanaux Whenua :

Le mot de la fin

Le miel dans un savon, c'est bien plus qu'un argument marketing. C'est un ingrédient exigeant, complexe, vivant, qui demande un vrai savoir-faire pour être intégré correctement dans une recette de saponification à froid. Un miel de qualité, issu d'un apiculteur local et travaillé avec soin, apporte une mousse crémeuse incomparable, un confort de peau réel, et une douceur particulièrement appréciée des peaux sèches et sensibles.

Mais comme toujours en savonnerie artisanale, la qualité du résultat dépend de la qualité des choix, le miel sélectionné, la méthode employée, la rigueur du processus. C'est ce que Whenua s'efforce de faire depuis ses débuts : des produits honnêtes, formulés avec des matières premières exceptionnelles, dans le respect du vivant et de votre peau.

FAQ — Les questions que vous vous posez sur le savon au miel

Le savon au miel hydrate-t-il vraiment la peau ?

Un savon au miel ne remplacera pas une crème hydratante — son temps de contact avec la peau est trop court. En revanche, il améliore le confort de lavage, limite les tiraillements post-douche et, grâce aux sucres naturels du miel qui subsistent après saponification, laisse une sensation de peau douce et nourrie. Pour les peaux sèches, c'est une vraie différence.

Un savon au miel convient-il aux peaux sensibles ?

Oui, à condition qu'il soit bien formulé. Mes savons au miel et calendula sont sans huile essentielle précisément pour cette raison : éviter tout déclencheur d'irritation sur les peaux réactives. Les versions au lait (brebis, chèvre, jument) ajoutent une couche de douceur supplémentaire particulièrement adaptée aux peaux fragilisées.

Pourquoi mon savon au miel a-t-il bruni avec le temps ?

C'est tout à fait normal et sans danger. Ce brunissement est dû à la réaction de Maillard entre les acides aminés et les sucres du miel, ainsi qu'à la caramélisation naturelle de ces sucres. C'est justement la preuve qu'il y a du vrai miel dans votre savon. Un savon industriel "au miel" qui reste blanc devrait, lui, vous interroger.

Quelle est la différence entre un savon au miel saponifié à froid et un savon "fondu" au miel ?

La méthode "Melt and Pour" (fonte de base) consiste à fondre une base de glycérine industrielle et à y ajouter un arôme ou un extrait de miel. Le savon saponifié à froid, lui, part d'huiles végétales brutes que l'on saponifie avec de la soude, en intégrant le miel dans le processus. Les deux produisent un savon, mais la profondeur des actifs, la glycérine native préservée, et le soin-formulé n'ont rien à voir.

Le miel local est-il vraiment meilleur qu'un miel importé pour un savon ?

Pour moi, oui — et pas seulement pour des raisons de terroir ou d'éco-responsabilité. Un miel local brut, non pasteurisé, non ultrafiltraté, contient davantage d'enzymes actives, de polyphénols et d'actifs complexes qu'un miel d'importation standardisé. Sa teneur en sucres naturels (fructose, glucose) est également plus prévisible, ce qui facilite le contrôle de la saponification.

Peut-on utiliser un savon au miel sur le visage ?

Absolument, à condition de choisir un savon adapté. Mes savons miel et calendula sans huile essentielle sont doux et peuvent convenir au visage, surtout pour les peaux sèches ou sensibles. Pour les peaux à tendance grasse ou mixte, je vous invite à consulter notre guide par type de peau pour trouver la formule la plus adaptée.

Quelle est la durée de conservation d'un savon au miel ?

Fabriqué en saponification à froid avec un surgras maîtrisé, un savon au miel se conserve très bien — entre 12 et 24 mois à l'abri de l'humidité et de la lumière directe. Le brunissement éventuel n'affecte pas ses qualités ou sa durée de conservation.

Crédit photo

Photo des cadres & ruches : Le rucher du marcassin

Photo savons et cosmétiques : Whenua

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